Une étude canadienne, publiée récemment dans la revue Environmental Health Perspectives, suggère l’existence d’un lien entre la pollution atmosphérique par les oxydes d’azote et les cancers du sein. Pour cela, les chercheurs ont juxtaposé des cartographies de la pollution par le dioxyde d’azote (traceur de la pollution d’origine automobile) à Montréal, avec les adresses des femmes pour lesquelles un diagnostic de cancer du sein a été établi.
D’après le Journal de l’Environnement qui se fait l’écho de cette étude, « (…) les zones où résident le plus grand nombre de femmes ayant développé un cancer sont celles où les teneurs de NO2 sont les plus importantes. Chaque fois que la concentration de gaz s’accroît de 5 ppb, le risque de développer un cancer du sein augmente de 25 %. Dit autrement, les femmes vivant dans les quartiers les plus pollués courent deux fois plus de risque que celles demeurant dans les zones où l’air est le plus sain.
Pour autant, les chercheurs canadiens n’incriminent pas le N02. Dans un entretien accordé à Nature, l’un des co-auteurs, Mark Goldberg (université McGill) souligne que ce gaz n’est que l’une des pollutions imputables au trafic. D’autre part, l’étude n’a pas identifié de relation de cause à effet. Il ne s’agit pas non plus d’une étude épidémiologique. Les scientifiques ne savent donc pas quel est le mode de vie des femmes, dans quel environnement elles évoluent. « Pour l’instant, confirme Mark Goldberg, nous ne pouvons pas affirmer que la pollution de l’air provoque le cancer du sein. Nous pouvons juste dire que ce lien est possible et que cela mérite de nouvelles recherches. » »
article publié dans Environmental Health Perspectives (en anglais)