Administration
Poussières en suspension
La technique de mesure des particules dans l’air

Une nouvelle méthode de mesure en 2007

En Europe, la directive cadre 96/62/CE a pour objectif l’évaluation de la qualité de l’air ambiant dans les états membres sur la base de méthodes et critères communs. Les directives dites filles 99/30/CE, 2000/69/CE et 2004/107/CE indiquent les méthodes de référence à utiliser pour la mesure de la concentration des polluants associés.

Pour les mesure des particules de type PM10, c’est-à-dire les particules dont le diamètre est inférieur à 10 µm, la méthode de référence repose sur la norme EN12341. Celle-ci consiste en un prélèvement journalier sans contrôle de température puis une pesée au laboratoire après collecte et conditionnement des échantillons. Les résultats moyens journaliers sont disponibles avec un différé supérieur à la semaine.

De ce fait, il est impossible de disposer d’une information en temps réel sur la concentration en particules dans l’air : l’utilisation quotidienne de la méthode manuelle de référence de mesure des PM10 au sein d’un réseau de surveillance de la qualité de l’air ne répond donc pas totalement aux exigences de la directive européenne 99/30/Ce qui fait de l’information du public un objectif important avec une mise à jour obligatoire des données au moins quotidiennement.

Les Etats-Membres se sont donc tournés vers des solutions automatiques telles que la micro-balance à variation de fréquence TEOM ou la jauge radiométrique bétà. Ces appareils fournissent en continu les niveaux moyens horaires ou journaliers de particules de type PM10, et permettent une actualisation quotidienne des informations vers le public. A partir de 2000, des articles scientifiques ont montré que les particules mesurées de façon automatique en France et dans les autres pays européens pouvaient parfois, sous certaines conditions, être sous-estimées, du fait en particulier de la part volatile des particules pouvant être mal appréhendée.

A partir de 2002, des améliorations techniques ont été mises au point par les constructeurs des appareils automatiques. Un module adapté sur l’appareil, appelé FDMS pour les appareils de type TEOM, et RST pour les appareils de type Jauge Bétà, permet de mieux prendre en compte la fraction volatile des particules.

Ces appareils ont été testés sur sites et comparés à la méthode de référence. Les résultats très satisfaisants entraînent aujourd’hui une modification du parc d’analyseurs de particules en France et en Europe.

Analyseurs de poussières en suspension dans l'air

Chaque association de surveillance de la qualité de l’air a dû déterminer un ou plusieurs sites dits de référence sur son territoire : ces sites sont équipés d’un appareil FDMS ou RST (prenant en compte la fraction volatile des particules). La concentration représentant à la part volatile correspond à l’écart de concentration entre le nouvel appareil et l’appareil automatique traditionnel. Cet écart est ensuite ajouté en continu à l’ensemble des données produites par tous les sites de la région. Ces données corrigées sont finalement utilisées pour le calcul de l’indice relatif à la qualité de l’air et pour l’information du public.

Quelles modifications en Poitou-Charentes ?

A partir du 1er janvier 2007, cette mesure des particules est opérationnelle en Poitou-Charentes. Les sites de référence choisis sont les stations permanentes urbaines de Pablo Casals à Angoulême (mise en place le 29 décembre 2006) et périurbaine de J. Zay à Niort (mise en place le 21 décembre 2006).

Les calculs de correction utilisent la moyenne des écarts entre les deux sites de référence (P. Casals à Angoulême et J. Zay à Niort). A terme, il est prévu que l’ensemble de sites de mesure soit équipé de la nouvelle technologie.