Cette étude a été réalisée à la demande de la mairie de La Rochelle, propriétaire du Muséum d’histoire naturelle. Il s’agissait d’évaluer la pollution de l’air des réserves de ce bâtiment. En effet, y sont entreposées des collections d’animaux qui ont été imprégnées de produits de conservation pouvant se disperser dans l’air. Quatre polluants ont été ciblés en priorité : - le formaldéhyde, en raison de la présence de nombreux bocaux contenant du formol, - les phénols, en raison de la présence de collections d’insectes imprégnées de créosote de hêtre, - le 1,4-dichlorobenzène, utilisé pour l’imprégnation de cartons contenant des insectes. - l’arsenic, en raison de la présence d’animaux naturalisés avec ce produit et de roches contenant de l’arsenic. Des prélèvements d’air ont été réalisés dans les réserves et sur deux personnes travaillant au Muséum, pendant deux périodes de 5 jours en mars 2011.
Les résultats mettent en évidence des concentrations de formaldéhyde assez élevées dans l’air des réserves. Ces niveaux de formaldéhyde sont dus à l’évaporation de ce gaz à partir des bocaux contenant des solutions formolées. Les valeurs détectées ne dépassent pas la valeur d’action rapide de 100 µg/m3 proposée par le Haut Conseil de la santé Publique (HCSP) pour ce polluant dans l’air des espaces clos privés et publics. Toutefois, la valeur d’information et de recommandation de 42 µg/m3 proposée pour l’année 2011 par le HCSP est franchie dans les deux salles étudiées (laboratoire et salle des bocaux). Il s’agit d’une valeur maximale admissible pour une exposition de longue durée au formaldéhyde. Cela implique qu’il faut éviter d’occuper ces salles sur de longues durées. Dans ce type de situation, le HCSP recommande que des actions soient engagées dans un délai de quelques mois afin de réduire les taux de formaldéhyde. Il pourrait être pertinent d’agir sur la ventilation des réserves, pour ramener les niveaux en dessous de 26 μg/m3, qui constitue en 2011 une valeur repère de qualité d’air. Les deux personnes travaillant au Muséum et qui ont été équipées de préleveurs présentent une exposition au formaldéhyde comparable à celle trouvée chez des habitants de Tours. Leur faible taux de présence dans les réserves explique qu’elles sont peu exposées au formaldéhyde présent dans l’air des réserves.
La présence de collections d’animaux contenant de la créosote de hêtre, du 1,4-dichlorobenzène ou de l’arsenic n’a pas d’impact sur la présence de ces polluants dans l’air.