Etudes à l’intérieur des bâtiments

2009 - Mesure de la qualité de l’air dans des bureaux de la mairie de Poitiers, automne 2009

publié le : 12 février 2010

En octobre 2009, ATMO Poitou-Charentes a évalué les concentrations de Cov et d’aldéhydes à l’intérieur de deux bureaux de la mairie annexe « Rivaud » de Poitiers. Cette campagne de mesure a été menée à la demande de la mairie qui s’interrogeait sur l’impact de la rénovation des bureaux sur la qualité de l’air intérieur. Cette étude a permis de dresser les conclusions suivantes.

Des concentrations presque toutes comparables à celles observées dans d’autres bureaux en France

Les concentrations des composés organiques volatils et aldéhydes mesurées dans les bureaux de la mairie annexe se situent dans la fourchette des concentrations observées dans d’autres bureaux en France. Deux polluants se distinguent toutefois : les m- et p-xylènes montrent pendant la seconde période de mesure, des concentrations plus élevées à Poitiers que celles de la littérature ; le butanal se distingue également avec des concentrations plus faibles que celles trouvées dans d’autres bureaux en France. Une analyse sur une période plus longue, intégrant notamment la période estivale, permettrait d’approfondir cette comparaison.

Une pollution plus forte dans le bureau de maîtrise d’oeuvre et d’ouvrage

Le bureau de maîtrise d’œuvre et d’ouvrage présente des concentrations de polluants atmosphériques plus élevées que le bureau d’étude. Cette constatation faite pour plusieurs Cov et aldéhydes peut être reliée à deux explications : la moindre aération de ce bureau, dont les fenêtres n’ont pas été ouvertes pendant les deux semaines de mesure ; les travaux de rénovation des sols, murs et plafond de ce bureau, intervenus 1 mois avant les mesures.

La seconde période plus polluée que la première

Dans les deux bureaux, les concentrations de la plupart des Cov et aldéhydes ont été plus importantes pendant la seconde semaine de mesure. Cette observation est à relier au début de la période de chauffe intervenu entre les deux périodes de mesure et qui a certainement favorisé le relargage des polluants à partir du mobilier et des éléments de décoration.

Comparaison aux valeurs guides et valeurs de gestion de l’air intérieur

Compte tenu du faible nombre de mesures et de la variabilité saisonnière des niveaux de pollution atmosphérique, les comparaisons ci-après sont données à titre indicatif. Aucun des polluants mesurés ne présente des concentrations supérieures aux recommandations de l’OMS. Pour le benzène, les concentrations mesurées sont voisines de la valeur guide fixée à long terme par l’Afsset pour les effets hématologiques cancérogènes. Pour le formaldéhyde, la valeur guide établie par l’Afsset pour une exposition à long terme et la valeur cible de 10 µg/m3 à atteindre en 10 ans selon le haut conseil de santé publique pourraient être dépassées dans les deux bureaux. Quant à la valeur repère de 30 µg/m3 en dessous de laquelle, en 2009, aucune action corrective spécifique n’est préconisée par le HCSP, elle serait respectée dans le bureau d’études mais pas dans le bureau de maîtrise d’œuvre et d’ouvrage. Le HCSP préconise dans ce cas, de profiter de travaux de rénovation ou de changement d’ameublement pour choisir les matériaux les moins émissifs et ainsi favoriser l’évolution progressive vers l’objectif de 10 μg/m3.